Le vernis sélectif est devenu un outil de performance visuelle. Il ne sert pas seulement à “faire joli” : il augmente la lisibilité d’un message, hiérarchise une information, renforce une perception premium, et améliore parfois la résistance de surface. La vraie question, côté production, est simple : faut-il choisir un vernis sélectif numérique ou un vernis UV appliqué de manière conventionnelle (offset, sérigraphie, unité de vernissage) ?

Deux familles proches en chimie, très différentes en production

Sur le plan chimique, les deux appartiennent à la même logique : des vernis photopolymérisables à base d’acrylates, avec oligomères, monomères réactifs, photo-initiateurs et additifs techniques (mouillage, anti-mousse, adhérence). Une fois exposé aux UV, le film réticule rapidement et devient dur, brillant, peu soluble.

La rupture se fait au niveau du procédé d’application.

Le vernis UV “traditionnel” est conçu pour être déposé par rouleaux (unité de vernissage) ou par écran (sérigraphie). Il tolère des viscosités plus élevées et s’intègre à un flux industriel où la cadence prime, avec un calage et des consommables de mise en train.

La technologie de vernis sélectif numérique jetvarnish est formulé pour des têtes jet d’encre Drop-on-Demand. La viscosité, la tension de surface, la stabilité des gouttelettes et la réponse au durcissement UV sont calibrées pour déposer des motifs fins, en 2D ou en relief 3D, directement depuis un fichier.

Application : pochoir et calage contre dépôt “à la volée”

En vernissage UV conventionnel, la sélectivité dépend d’une forme physique : écran, cliché, masque, ou dispositif équivalent. On règle la pression, l’épaisseur, la tension, puis on stabilise la production. Une fois calé, le rendement est excellent et le coût unitaire baisse fortement.

En vernis sélectif numérique, la sélectivité est une donnée : le fichier pilote la tête. Les machines lisent des repères (caméra) et corrigent la position feuille à feuille des imprimés. On limite fortement le temps de préparation mécanique, ce qui change la rentabilité sur les petites et moyennes séries. En outre, en numérique l'apposition de plusieurs couches est possible grâce au séchage rapide pour avoir un effet vernis 3D très beau et agréable au toucher.

Le point clé : le numérique supprime le “coût fixe” de mise en forme, le conventionnel écrase le “coût variable” sur gros volumes.

Durcissement UV : même principe, contraintes d’atelier différentes

Dans les deux cas, la photopolymérisation se fait sous UV (mercure ou LED UV). Le résultat attendu est un film manipulable immédiatement, avec une finition brillance forte et une résistance élevée au frottement.

Les différences pratiques se voient sur la gestion thermique, l’odeur résiduelle, la compatibilité support et la sensibilité à l’oxygène en surface (tack). En conventionnel, on peut combiner IR et UV pour stabiliser certains dépôts. En numérique, la fenêtre de durcissement est intégrée au passage machine et doit rester compatible avec la vitesse de transport et l’épaisseur déposée.

Un réglage UV mal dimensionné se paye vite : collage en pile, micro-rayures, ou brillance irrégulière.

Effets obtenus : la 3D numérique change le cahier des charges

Un vernis UV conventionnel donne un excellent brillant, un très bon contraste sur pelliculage mat et une résistance robuste. En sélectif “plat”, il est redoutable.

Le vernis sélectif numérique (jetvarnish) ajoute une variable décisive : l’épaisseur contrôlée ou la 3D. En multipasses, on obtient des reliefs palpables, des textures et des micro-structures, avec un rendu très différenciant sur cartes (surface lisse, finition brillante et une protection accrue), packagings légers, couvertures, étiquettes et dossiers commerciaux.

Le relief 3D n’est pas un gadget. Il impacte :

  • la perception de qualité au toucher qui réhausse la créativité,
  • la visibilité d’un logo en lumière rasante surtout en impression numérique,
  • la capacité à créer des codes visuels (motifs, lignes, signalétique tactile).

Tableau comparatif opérationnel

Critère

Vernis sélectif numérique

Vernis UV conventionnel (offset/sérigraphie/unité)

Déclenchement production

Démarrage rapide, peu de calage

Calage + préparation forme, amortissement nécessaire

Coût par feuille

Plus élevé

Plus bas à volume élevé

Personnalisation

Variable feuille à feuille possible

Très limité, coûteux si variantes

Finesse et repérage

Très précis via repères caméra, dépend du fichier

Très propre après calage, dépend de la stabilité mécanique

Relief

Facile en 3D par superposition

Faible en standard, relief élevé via sérigraphie dédiée

Volume idéal

Court à moyen tirage, séries premium

Moyen à grand tirage, production industrielle

Comment choisir : décision orientée performance et délais

Le choix doit partir du besoin marketing, puis revenir à la réalité atelier : tirage, délai, support, et niveau d’effet.

On tranche vite quand on regarde les variables dominantes : quantité, personnalisation, relief, et tolérance de planning.

Après un brief clair (objectif, cible, point focal, budget, coûts), les critères suivants permettent de décider sans hésitation :

  • Tirage : court à moyen en numérique, long en conventionnel.
  • Personnalisation : données variables compatibles en numérique.
  • Relief recherché : 3D numérique si l’effet tactile compte.
  • Délai : mise en production accélérée en numérique.
  • Support : pelliculage, couché, synthétique, contraintes d’adhérence à valider.

Préparation des fichiers : la qualité se gagne en prépresse

Le vernis sélectif, surtout en numérique, est impitoyable : ce qui est approximatif dans le PDF devient visible immédiatement. La méthode standard consiste à fournir un fichier d’impression CMJN et un masque de vernis (souvent en noir 100 %), en respectant les consignes de repérage de la machine.

Avant d’envoyer en production, il faut verrouiller les points suivants :

  • Repérage : marges de sécurité, tolérance de décalage, placement des repères.
  • Masque vernis : noir plein, sans transparences non maîtrisées.
  • Surimpression : vérifier les paramètres PDF pour éviter les surprises au RIP.
  • Épaisseurs mini : éviter les filets trop fins si un relief est demandé.
  • Zones de texte : privilégier des formes simples pour un rendu net.

Un masque mal conçu coûte plus cher qu’un vernis non posé : il force des reprises, augmente la gâche, et dégrade la perception finale.

Supports, pelliculage et adhérence : le trio à maîtriser

La compatibilité support n’est pas une promesse générique. Elle dépend de l’énergie de surface, de la propreté, du type de pelliculage, et des encres ou toners utilisés.

Sur un pelliculage mat, le vernis sélectif donne souvent le meilleur contraste : mat profond autour, brillant très tendu sur la zone vernie. Sur un pelliculage soft-touch, l’effet premium est fort, mais l’adhérence exige une validation sérieuse, surtout si l’objet est manipulé intensivement (cartes, packaging en point de vente).

Sur papier non couché, le comportement est plus risqué : absorption, micro-irrégularités, perte de brillance. On compense parfois par une stratégie simple : imprimer sur couché, ou pelliculer avant vernissage.

Résistance et usage réel : frottement, rayure, empilage

Les vernis UV, numériques ou conventionnels, sont réputés pour leur dureté après polymérisation. Dans la pratique, la résistance dépend autant du process que de la chimie.

Trois points pilotent la tenue :

  1. l’énergie UV réellement reçue par le film,
  2. l’épaisseur déposée et son uniformité,
  3. l’adhérence au support (ou au pelliculage).

Un vernis trop épais mal durci peut marquer à l’empilage. Un vernis très brillant sur une zone pleine peut aussi révéler la moindre poussière. Le contrôle atelier doit inclure une inspection sous lumière rasante, pas seulement “à plat”.

Cas d’usage qui justifient vraiment le vernis sélectif numérique

Le numérique prend l’avantage quand la valeur perçue doit être très haute, sans accepter les contraintes d’un calage long.

On le voit sur des productions typiques :

  • cartes de visite premium avec logo en relief,
  • invitations et cartes de vœux avec personnalisation nominative,
  • packagings légers et étuis de petite série,
  • couvertures et brochures où le vernis guide le regard vers un titre, une photo, un pictogramme.

Quand le besoin est un vernis global, rapide, stable, sur un grand volume, le vernis UV conventionnel garde une efficacité économique difficile à battre.

Industrialisation locale à Sfax : vitesse, contrôle, constance

À Sfax, une production performante repose sur une chaîne courte : prépresse rigoureux, impression stable, finition internalisée, puis façonnage maîtrisé. C’est précisément l’intérêt d’un acteur comme DigiPress1 : regrouper impression rapide et finitions avancées, avec une exigence forte sur la gestion des couleurs et le calibrage de la chaîne graphique.

Le vernis sélectif numérique s’intègre bien à ce type d’organisation. Il permet de sortir des séries premium en délais courts, tout en gardant une capacité de répétabilité, utile aux marques, aux réseaux de points de vente, aux agences, aux cliniques et aux entreprises qui demandent une identité visuelle constante.

Un bon vernis sélectif ne se juge pas uniquement sur la brillance. Il se juge sur le repérage, la netteté des bords, la tenue au frottement, et la stabilité entre réimpressions.

Un détail qui fait gagner du temps : concevoir “vernissable” dès le départ

Beaucoup de retards viennent d’un design non prévu pour le vernis : effets de transparence, dégradés inutiles dans le masque, détails trop fins, ou zones trop proches d’un pli.

Une règle simple améliore immédiatement le résultat : décider très tôt ce que le vernis doit raconter. Un logo, un titre, une texture de fond contrôlée, une icône produit.

Quand l’intention est claire, le choix entre numérique et UV conventionnel devient une décision technique, rapide, et orientée rendement.